Cacao : pourquoi le prix du chocolat explose ?

Pourquoi le chocolat est-il toujours aussi cher ? Après la flambée des cours du cacao durant deux ans, la récolte des fèves a redécollé et apaisé cette flambée. Pourtant, dans les rayons, le prix pour le consommateur reste élevé.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Dans un supermarché, le prix des tablettes s'est envolé, jusqu'à 4,69 euros pour la plus chère. En moyenne : 15,3 % de hausse en un an. À l'origine de ces prix corsés, l'envolée du cours du cacao. Prenons l'exemple d'une tablette d'une marque bien connue. Son tarif a suivi le cours de la fève, mais depuis la baisse amorcée au printemps dernier, son prix stagne. Un étudiant a dû s'adapter. "Je me tourne vers quelque chose de peut-être moins bon, moins cher et peut-être moins qualitatif", confie Léo Honet, étudiant en gestion.
La pression sur les fabricants
Les négociations commerciales entre supermarchés et fabricants battent leur plein et se crispent autour du prix du chocolat. Tout haut, le président d'Intermarché s'insurge des hausses de prix demandées par les industriels. "Avec des tarifs aussi gourmands, ils vont devenir obèses", a lancé Thierry Cotillard le 9 janvier dernier sur RTL.
En coulisse, la grande distribution met la pression sur les fabricants de chocolat. Par téléphone, l'un d'entre eux explique qu'on lui demande de baisser ses prix : "Les attentes sont aux alentours de -5 et -10 %." Un autre dit subir du chantage de la part de certaines enseignes : "Si vous améliorez vos prix on vous favorise. Si vous ne trouvez pas d'accord on va vous faire accéder à moins de magasins et moins de produits référencés."
Comment expliquer l'origine de cette flambée des prix ?
Comment expliquer l'origine de cette flambée des prix ? Pour le savoir, les équipes de France Télévisions sont allées en Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de fèves. Dans la région de Tiassalé, les cultivateurs comme Odette Kouakou ont été marqués par de très mauvaises récoltes les années passées à cause du manque de pluie. Désormais, les cacaoyers reprennent des couleurs. "La saison pluvieuse a été longue et il y a eu de fortes pluies. Ce qui a fait que la récolte a été très bonne. Deux fois plus que les années précédentes", assure la productrice de cacao.
À quelques kilomètres, elle livre sa production à une coopérative de près de 300 planteurs. Après deux années catastrophiques pour les producteurs, le prix minimum d'achat de la fève a été doublé par le gouvernement. "Il y a beaucoup producteurs qui ont commencé à construire une petite maison et cela nous permet de scolariser nos enfants et de s'occuper de nos familles", affirme Nestor Adroh Kouassi Aka, président de la Société Coopérative Équitable du Bandama (SCEB).
Cette hausse du prix du cacao se répercute directement sur les fabricants de chocolat, comme dans le Pays basque. En deux ans, une entreprise a relevé de 20 % ses tarifs. Pourtant, la matière première ne représente qu'une partie de ses coûts de production. Le patron de la PME se défend. "La matière première représente 15 % du prix de vente. Et imaginez, si vous multipliez par trois, ça représenterait 45 %. Donc c'est énorme pour nous. On n'a pas les possibilités d'absorber tout ça. Donc on a été obligés de répercuter une partie et d'absorber une partie", confie Erwan Verlingue, directeur de L’Atelier du Chocolat.
Des prix qui devraient baisser en fin d'année
Impossible de baisser ses prix pour l'instant, dit-il, car le chocolat qu'il vend aujourd'hui a été fabriqué avec du cacao acheté au prix fort il y a un an et demi. La baisse du cours du cacao de ces dernières semaines ne se répercutera pas tout de suite sur le prix de ces chocolats. "Ce qu'on achète maintenant, on le retrouvera dans les magasins entre décembre 2026 et mars 2027. Parce que nous avons d'une part les stocks actuels. Parce qu'il y a un certain temps entre le moment où on l'achète et le moment où on se fait livrer. Et puis il y a une partie où on doit produire et acheminer au magasin", poursuit Erwan Verlingue.
Dans les rayons, le prix du chocolat ne devrait donc pas baisser tout de suite. Sans doute pas avant la fin de l'année.
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